Amis et famille

« Au cours de sa vie, chacun éprouve des sentiments d'isolement, de solitude, de détachement par rapport à la réalité, qui sont quelques-uns des symptômes de la maladie mentale. À partir du moment où ces symptômes commencent à nuire à ses activités quotidiennes, la personne peut avoir besoin d'aide pour retrouver son équilibre et son fonctionnement optimal1. » Agence de santé publique du Canada, 2002

EN SANTÉ MENTALE : Nous sommes tous impliqués!

Les troubles de santé mentale touchent indirectement tous les Canadiens et les Canadiennes, que ce soit par l'entremise d'un membre de la famille, d'un ami ou d'un collègue. La maladie mentale n'a pas d'ennemis : elle touche les personnes de tous âges, de toutes les cultures, de tous les niveaux d'instruction et de revenu.

1 Canadien sur 5 souffrira d'un problème de santé mentale au cours de sa vie Nous sommes tous impliqués dans la santé mentale, que ce soit directement ou indirectement parce que nous connaissons quelqu'un aux prises avec des difficultés liées à l'une des conditions affectant le cerveau.

Cela suppose que 20 % de la population sera directement touchée par une condition telle que la dépression, l'anxiété, le trouble bipolaire, la schizophrénie, le trouble d'attention, le trouble obsessionnel-compulsif, le trouble de personnalité limite, le trouble de l'alimentation, la toxicomanie, etc.

Pour ajouter à cette dure réalité, la grande majorité de gens souffrant d'une ou de plusieurs de ces conditions est isolée, stigmatisée et ressent de la honte. Ce 20 % souffre alors dans le silence, sans accès aux ressources et à l'assistance dont ils ont besoin.

Nous savons que si une personne de notre entourage est touchée par une telle condition, nous sommes tous affectés par la situation. Par la nature des conditions reliées à la santé mentale, la personne qui souffre a de la difficulté à se prendre en main et à percevoir ses besoins.

La famille, les amis et les collègues comme pilier
Il n'est donc pas seulement nécessaire, mais primordial que les personnes de l'entourage puissent comprendre la santé mentale afin de composer avec ses restrictions, ses problèmes et sa réalité pour soutenir la personne dans son rétablissement.

Encore plus que pour les maladies physiques, la famille et les proches deviennent ainsi le pilier pour s'assurer que la personne touchée puisse recevoir les soins et les traitements requis afin de minimiser les impacts causés par le manque d'attention à la condition, les rechutes et les effets secondaires à long terme. Les maladies mentales qui ne sont pas prises en charge à leurs débuts sont coûteuses pour la personne, la famille, le système de soins de santé et la collectivité.

Un Canadien sur cinq souffrira d'un trouble lié à la santé mentale au moins une fois dans sa vie, ce qui représente 20 % de la population. Le 80 % restant peut alors offrir leur soutien. Nous sommes tous impliqués! C'est pour cette raison que le mouvement « Le 20/80 »  a pris naissance.

STIGMATISATION : L'être humain a tendance à craindre ce qu'il ne connaît pas!

Les personnes atteintes de troubles de santé mentale sont souvent victimes de stigmatisation et de discrimination. Souvent, le manque de compréhension, de connaissances et d'empathie crée cette situation, car beaucoup de personnes se réfèrent à des superstitions et à des idées fausses concernant la maladie mentale. Il s'agit simplement de mieux comprendre les difficultés reliées à la santé mentale pour pouvoir offrir son aide et ainsi diminuer la stigmatisation.

La stigmatisation contribue à la crainte et à l'exclusion des personnes qui sont perçues comme différentes, ce qui amène la personne affectée par la maladie mentale à être mise de côté et laissée dans le noir avec la honte qu'elle ressent face à ce qu'elle vit. Pourtant, ce dont nous avons le plus besoin, lorsque la maladie mentale nous touche, c'est l'ouverture et l'entraide.

Situation unique et singulière
On ne peut définir une personne à partir de sa souffrance. Au contraire, la santé mentale témoigne de notre humanité et il ne faut pas oublier que la personne souffrante, c'est d'abord une personne avec sa propre histoire qui ne peut être laissée seule dans sa souffrance.

Chaque personne se sent seul à vivre son expérience, au prise avec un vécu difficile chacun est unique dans sa manière de le vivre. Ainsi, il n'y a pas de réponse facile ni de solution miracle. Par contre, il existe des ressources et des professionnels pour les aider.

Si les maladies mentales sont prises rapidement en charge et avec la bonne combinaison de soins et de traitements, elles peuvent être traitées efficacement.

Il n'y a pas de santé sans la santé mentale
La santé mentale est aussi importante que la santé physique. En fait, les deux sont interreliées, car sans un cerveau en santé, le corps est à risque de développer des maladies chroniques.

La prévalence de plusieurs problèmes de santé physique chroniques, plus précisément la douleur chronique, le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'hypertension et les troubles respiratoires, est plus forte chez les gens atteints de troubles mentaux.

Une bonne santé mentale est associée à l'estime de soi, au bonheur, à l'envie de vivre, à la satisfaction au travail, à la maîtrise et à la cohérence. Il est bien connu qu'une bonne santé mentale permet aux gens de réaliser leur plein potentiel et de contribuer utilement à la société.

Ce n'est pas juste dans la tête que ça se passe
Très complexe, les troubles associés à la santé mentale sont variés et ne se résument pas en quelques pages. Elle représente, une interaction complexe de facteurs génétiques, biologiques, de personnalité et d'environnement.

La santé mentale, est quelque chose qui se rattache à toutes les sphères de la vie humaine : sociale, physique, professionnelle, comportementale, scolaire, familiale, émotionnelle, etc.

Le cerveau, très difficile à décoder, demeure toujours une énigme. Chaque jour des milliers de chercheurs à l'échelle mondiale se penchent sur cette problématique et découvrent de nouvelles méthodes pour aider les personnes en souffrance.

Suicide
Québec connaît un très haut taux de suicide au relié aux problèmes de santé mentale : il occupe environ la cinquième place au monde. Malgré une nette amélioration depuis les 10 dernières années, il reste du travail à faire pour éliminer cette option pour se sortir de sa souffrance.

Le Groupe McGill d'études sur le suicide (GMES), une équipe multidisciplinaire unique au Canada, est l'un des seuls services du genre disponible dans le monde qui se penche sur ce problème. Ses principaux objectifs sont :

  • Évaluer les facteurs de risque associés aux comportements suicidaires et aux maladies qui lui sont reliées;
  • Comprendre ce qui prédispose les gens au suicide;
  • Comprendre ce qui se passe au niveau moléculaire et cellulaire dans le cerveau des gens avant qu'ils ne se suicident;
  • Examiner la façon dont l'adversité environnementale et les expériences de violence peuvent avoir des répercussions sur la biologie cérébrale et accroître le risque de suicide;
  • Examiner les questions ayant trait aux facteurs cliniques et personnels, au développement, à l'accès aux services et aux traitements.

Ces données ne font qu'augmenter le fardeau de responsabilité associé à traiter la maladie mentale au début des symptômes et la nécessité de trouver les solutions pour faire le nécessaire afin de gérer sa santé mentale.
Difficulté de se voir
Si vous avez fait des tentatives pour aider un être cher souffrant d'un trouble de santé mentale sans résultats concrets, il ne faut pas désespérer; il existe des stratégies et des solutions qui sont disponibles et accessibles pour vous soutenir dans vos efforts. Il est prouvé que la personne atteinte de troubles sérieux n'a souvent pas la capacité d'avoir le recul nécessaire pour voir, comprendre et même accepter sa condition ainsi que les traitements requis, ce qui rend leur accompagnement encore plus important.

Démunie, il est impossible pour la personne souffrante de se voir elle-même et d'analyser d'une façon objective sa condition. Souvent, ses comportements sont vus comme un déni ou de l'entêtement. Lorsque le cerveau, la source ultime de réflexion et de solutions aux problèmes, n'est pas fonctionnel à 100 %, il est difficile de se voir, de prendre les bonnes décisions et même d'accepter l'aide qui est offerte.

Il ne faut pas prendre la situation d'une manière personnelle, mais voir la situation dans un tel cas comme une dysfonction du cerveau. Il ne sert à rien de se blâmer ou de se sentir coupable. Tout comme nous ne jugeons ou ne blâmons pas la personne malade atteinte de cancer, de diabète ou de sclérose en plaque, nous ne devons pas rendre responsable de sa maladie la personne affectée par une maladie au cerveau.

Soutien inclusif
Parce que le domaine de la santé mentale est en constante évolution, parce que les solutions ne sont pas simples et faciles et qu'elles doivent prendre en considération plusieurs composantes, parce que la personne a de la difficulté à voir sa réalité telle qu'elle est et à prendre les bonnes décisions par elle-même, il est essentiel que l'ensemble de la population soit présent pour soutenir ceux qui souffrent.

Que ce soit la famille, les amis, le système de santé, les enseignants, les médecins, les psychiatres, les psychologues, les infirmières, les travailleurs sociaux, les pharmaciens, les centres de recherche, les entreprises pharmaceutiques, les organismes communautaires ou le monde des affaires, tous sont nécessaires pour accompagner la personne vers une vie en santé et équilibrée.

« Les niveaux élevés de stigmatisation et de discrimination accordés aux malades mentaux représentent une des réalités les plus tragiques des maladies mentales au Canada. »

Bibliographie
Agence de santé publique du Canada,
http://www.statcan.gc.ca/pub/82-622-x/82-622-x2011006-fra.pdf
http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/miic-mmac/chap_1-fra.php

Institut Douglas, Groupe McGill d'études sur le suicide, http://www.douglas.qc.ca/publications/83/file_fr/mcgill-suicide-studies.pdf

Ontario Hospital Association, http://www.oha.com/KnowledgeCentre/Library/Documents/Final%20-%20French%20version%20of%20Suicide%20Risk%20Assessment%20Guidebook.pdf

Parlement du Canada, http://www.parl.gc.ca/content/sen/committee/381/soci/rep/report1/repintnov04vol1part2-f.htm#_ftnref184

Alliance canadienne pour la maladie mentale et la santé mentale, http://www.mooddisorderscanada.ca/documents/Publications/A%20call%20for%20action_FR.pdf