Méditation pleine conscience

Quels sont les bienfaits de la méditation de pleine conscience sur la santé mentale?

Imagine que tu es en train de prendre ton petit-déjeuner et que tu as un examen à 8 h 30. Tu penses à cela en mangeant, ton niveau de stress augmente et, à ce moment-là, tu ramènes toute ton attention vers le café chaud que tu es en train de boire. Tu laisses complètement ton angoisse de côté et profites pleinement des mille saveurs qui composent ton petit-déjeuner. Aimerais-tu avoir la capacité de rediriger tes pensées vers le moment présent lorsque tu le désires? C'est ce que permet la méditation de pleine conscience.

Qu'est-ce que la méditation de pleine conscience?
La définition citée généralement lorsqu'on parle de méditation de pleine conscience est la suivante : c'est « un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention, intentionnellement, au moment présent, sans juger, sur l'expérience qui se déploie instant après instant » (Kabat-Zinn, 2003).

Cet état permet de se détacher du passé, source de dépression, et du futur, source de stress et d'anxiété. Elle vise à permettre le développement d'une relation nouvelle envers les pensées et les émotions. À force de pratiquer la méditation de pleine conscience, une personne apprend à rediriger ses pensées vers le moment présent sur commande, réduisant ainsi l'anxiété de l'avenir et les ruminations du passé. De plus, les respirations effectuées en méditant permettent de calmer les symptômes corporels du stress et de la détresse psychologique.

Un intérêt notable est que la méditation de pleine conscience peut être pratiquée chez soi, quotidiennement, sans aucuns frais. Si tu vis de l'anxiété, de la dépression ou que tu as de la difficulté à gérer ton stress, la pratique de la méditation pleine conscience peut répondre à tes besoins. Il est difficile de rendre justice à ce qu'est la pleine conscience par des mots; pour bien la cerner, il faut en faire l'expérience. Par conséquent, tu sauras si cette pratique est pertinente pour toi lorsque tu l'auras essayée.

Méditation pleine conscience et santé mentale
Il existe un nombre impressionnant d'études qui se sont intéressées aux bienfaits potentiels de la méditation pleine conscience sur la santé mentale. Les indications d'effets bénéfiques sont si nombreuses que depuis 2009, le Comité de spécialité en psychiatrie du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada exige à ce que tous les résidents en psychiatrie puissent guider leurs patients vers la méditation de pleine conscience.

Parmi les effets bénéfiques indiqués par les recherches menées sur cette forme de méditation, on compte premièrement une diminution du stress et des symptômes dépressifs et anxieux, et ce, sur le long terme. Il est aussi intéressant de noter que les personnes pratiquant la méditation de pleine conscience régulièrement tendent à avoir moins de pensées automatiques négatives et peuvent se défaire plus facilement de ces pensées lorsqu'elles surgissent.

De plus, la méditation de pleine conscience permet de réduire efficacement les pensées de rumination, ce que ne permettent pas d'autres méthodes de relaxation. Enfin, la capacité de ramener ces pensées au moment présent et d'être en pleine conscience est associée entre autres à être plus empathique, optimiste, au caractère agréable, rempli de vitalité et avoir une meilleure humeur. Cette habileté est aussi associée à une baisse de l'intensité des délires lors d'une psychose, comme cela pourrait être le cas chez une personne atteinte de schizophrénie.

Si tu vis un niveau de stress élevé, si tu a des crises de panique ou d'anxiété, si tu es porté vers la déprime, il se peut que cette approche de méditation soit un atout pour t'aider à calmer les émotions qui contrôlent ta vie. Par contre, tu réaliseras rapidement que de maitriser sa pensée n'est pas aussi facile que l'on croit. Ceci est un processus de vie. Par contre, avec les bonnes méthodes et les bonnes approches, tout est possible.

Pour faciliter ton apprentissage, il existe des centres de formation pour t'aider à apprendre à développer l'habitude de bien apprivoiser ta pensée et tes automatismes. Tu trouveras des centres où tu peux te joindre à des groupes qui pratiquent cette approche. En groupe, tu pourras développer les pratiques et tu pourras partager avec les autres et voir que tu n'es pas le seul à vivre ce que tu vis.

Malgré que cette approche se pratique seul avec soi-même, son apprentissage est maximisé dans le contexte d'une formation en groupe. En groupe, tu te sentiras soutenu et tu auras moins tendance à te décourager et laisser tomber. Le but est de se sentir soutenu dans ses efforts vers une vie saine et équilibrée.

Il existe un bon nombre de CD ou de vidéos sur YouTube pour te guider dans cette approche, malheureusement la plupart sont seulement disponibles en langue anglaise pour le moment.

L'instigateur du développement en Amérique du Nord de cette approche millénaire d'origine Bouddhiste est Jon Kabat-Zinn. Il a mit sur pied « The Center for Mindfulness » (Le centre de pleine conscience) à l'Université de Massachussetts et a participé à démontrer les bienfaits de cette approche autant sur la santé physique que mentale. Tu peux lire ses livres ou visionner ses vidéos sur YouTube.

 

Références

Bowen, S. et collab. (2006). « Mindfulness meditation and substance use in an incarcerated population ». Psychology of addictive behaviors, 20(3), 343-347.

Jain, S., Shapiro. Et collab. (2007). « A randomized controlled trial of mindfulness meditation versus relaxation training: effects on distress, positive states of mind, rumination, and distraction ». Annals of behavioral medicine, 33(1), 11-21.

Kabat-Zinn, J. (2003). « Mindfulness-based interventions in context: past, present, and future ». Clinical psychology: Science and practice, 10(2), 144-156.

Ngô, T. L. (2013). « Présentation : Pleine conscience et psychiatrie ». Santé mentale au Québec, 38(2), 9-17.

Ngô, T. L. (2013). « Revue des effets de la méditation de pleine conscience sur la santé mentale et physique et sur ses mécanismes d'action ». Santé mentale au Québec, 38(2), 19-34.

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